Jurbise - Les Cafés Liégeois dans le sillage de Jean-François Bavay
Les Indiens vont fournir l’entreprise liégeoise qui produira des dosettes sous la marque, équitable, « Mano Mano ».
Pour la première fois, les Indiens du Chiapas, producteurs de café, protégés de l’agriculteur humanitaire jurbisien Jean-François Bavay, ont rencontré un torréfacteur : Michel Liégeois, à Battice, au pays de Herve. Le vendredi 5 décembre, leur collaboration s’est concrétisée sous la forme de dosettes de café au label « Mano Mano » (’« main dans la main »).
Ces portions sont le fruit de la torréfaction d’un conteneur de 20.000 kilos de café, que Michel Liégeois, en commerçant équitable, a négocié avec la coopérative Majomut, qui a son siège à San Cristobal de Las Casas, capitale du Chiapas. En achetant un paquet de café ’Mano Mano’, le consommateur reverse 10 centimes d’euro à l’ASBL Terres solidaires de Jean-François Bavay.
« Notre rencontre remonte à trois ans et demi, se souvient le Hainuyer. Voilà quinze ans que j’ai entamé mes relations humanitaires avec les Indiens du Chiapas, producteurs de café. Avec Terres solidaires, nous leur avons offert des dalles de séchage et une dépulpeuse : leur productivité est passée de 10 à 90 %. Les producteurs locaux sont de plus en plus nombreux à faire partie de la coopérative Majomut. En 2005, j’ai eu l’idée de faire découvrir le café du Chiapas à un torréfacteur belge. Michel Liégeois a répondu présent. Il travaille justement dans le commerce équitable du café depuis une dizaine d’années. Il m’a accompagné lors de mon voyage annuel, en janvier 2008. Il a négocié directement son achat de café avec la coopérative. Les producteurs n’en croyaient pas leurs yeux ! »
Michel Liégeois apprécie le savoir-faire des producteurs du Chiapas. « Leurs caféiers présentent à la fois les fleurs et les fruits verts et mûrs. La cueillette s’effectue six à sept fois par an, du 15 janvier à mars. L’exploitation procède de la voie humide : les grains sont dépulpés, fermentés quelques heures dans l’eau, puis séchés. Au départ de 100 kilos de café brut, les producteurs obtiennent 18 à 20 kilos de grains, acidulés, à torréfier. Le must européen ! »
Prochaine étape : un voyage aux Chiapas, fin janvier 2009. L’occasion de présenter aux producteurs les dosettes, ainsi que la cafetière des Cafés Liégeois. L’autre défi se situe en Belgique : il s’agit de distribuer les dosettes « Mano Mano » mais aussi les chocolats aux emballages informatifs, et les dosettes de sucre de canne portant le même label nouveau-né.
Gisèle Maréchal